Le parfum d’Adam

Un autre livre, mais offert à Anne cette fois-ci. C’est un roman d’aventure / thriller, mettant en scène les investigations d’une agence de renseignements privée « Providence » qui tente de déjouer les plans d’une organisation d’écologistes extrémistes qui souhaite protéger la planéte. Ces extrémistes estiment que la surpopulation du tiers monde est un risque majeur pour la planète. Partisans de la décroissance démographique, ils décident de lutter contre cette surpopulation…

Bien sûr, ce n’est qu’une fiction. Ou du moins, on aimerait que cela n’en soit qu’une. Mais, quand dans la postface Jean-Christophe Rufin cite ses sources, on ne peut qu’être stupéfait, voire attéré.

Par exemple : « Une mortalité humaine massive serait une bonne chose. Il est de notre devoir de la provoquer. C’est le devoir de notre espèce, vis-à-vis de notre milieu, d’éliminer 90% de nos effectifs » [William Aiken, Earthbound : Essays in Environmental Ethics, Random House, 1984].

Et Jean-Christophe Rufin de noter : « Pour des lecteurs français, ce type de déclaration ne peut-être que le fait d’extrémistes minoritaires et irresponsables. L’écologie, dans notre pays, emporte la sympathie de nombreuses personnes sincères qui ne partagent en rien de telles idées. Chez nous, l’écologie « courante » prend le visage débonnaire de mouvements politiques ayant pignon sur rue, traversés de querelles bon enfant et préoccupés, lorsqu’ils ont une once de pouvoir, d’améliorer la circulation des vélos ou le recyclage des déchets. Même les actions spectaculaires de Greepeace ou des faucheurs d’OGM sont vues comme des mises en scène inoffensives. Du coup, on en oublie le visage que peut prendre l’écologie dans d’autres pays, aux Etats-Unis ou en Angleterre par exemple. Le terrorisme écologique est pourtant pris très au sérieux par les services de sécurité de ces états. Le FBI a été jusqu’à considérer que l’écoterrorisme constituait la deuxième menace aux Etats-Unis, derrière le fondamentalisme islamique[…] Il reste que l’existence d’une écologie violente est incontestable. Elle s’ancre dans une reflexion théorique largement ignorée en France. »

Bien que ce ne soit qu’un roman, une petite recherche montre qu’il ne laisse pas tout le monde indifférent. La virulence de certaines réactions me surprend même. Un excellent thriller donc, mais aussi un éclairage différent sur l’écologie…

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