Category: Transports parisiens

Mar 31

Un matin de plus

Elle est toujours là, assise exactement au même endroit, sur son sac à dos, dans la même posture recroquevillée avec ses longs cheveux blonds qui tombent. Quel âge peut-elle bien avoir ? 25 ans peut-être. Mais son regard en porte le double, voire le triple.

Un peu plus loin, lui aussi est toujours là. Mais ce matin, il n’est pas couché sur sa grille d’aération favorite, prenant toute la place sur le trottoir, avec des passants qui le contournent comme si de rien n’était. Car ce matin c’est fête : il a l’air hilare avec sa barbe folle et ses cheveux hirsutes, et sa bouteille de gnôle à la main. Et les passants continuent à le contourner. Comme si de rien n’était.

Juin 25

Les oiseaux chantent…

Que j’aime ces petits matins d’avril, quand il fait froid, avec un ciel bleu sans nuages. Beaucoup de gens ont fait le pont ; nous ne sommes que deux à marcher vers la station de bus. Paris est calme quand il y peu de voitures. Ce silence est bien agréable. La demoiselle sur la plateforme d’à côté s’agite. Elle a l’air déçue de ne pas trouver son bus et lâche une bordée d’injures : Putain ! Merde ! Enculé !  Fais chier ! Non, mais c’est vrai quoi ! C’est le printemps. Les oiseaux chantent…

Juin 13

Coccote minute

Ce matin, c’est la pagaille. Un train a été annulé, donc le suivant est plein à craquer. J’ai bien cru que je ne réussirai pas à le prendre. Heureusement, le conducteur est assez brutal : cela permet de tasser le bétail dans les wagons. Et suivant les arrêts, le quai est à gauche ou à droite, ce qui permet de caser une personne ou deux de plus à chaque fois. Les gens ont l’air résignés, bien que la promiscuité soit presque génante. Aujourd’hui, j’ai de la chance, je suis collé contre une jolie femme; pendant près d’une dizaine de minute, je peux détailler son maquillage, ses imperfections, … Nos souffles se croisent. Pas un mot. Chacun fait comme si de rien n’était. Même dans un couple, on ne peut pas rester comme ça. Et lui, un peu plus loin, où va-t-il avec son beau costume sombre ? Il a l’air calme et pensif. Quelques arrêts passent. Toujours aussi serrés. Tiens, il commence à avoir des tics au niveau des yeux. Et il ne descend pas là. Le temps passe.  Les tics se propagent maintenant à la bouche. Le conducteur ne se rend vraiment pas compte qu’il transporte des personnes, nous sommes vraiment ballottés par les accélérations et freinages incessants. Le terminus n’est plus très loin. Heureusement, car c’est maintenant toute sa tête qui est prise de tics. Il n’aurait probablement pas supporté 10 minutes de plus. Que ce serait-il passé si nous étions restés bloqués ? On ne sait vraiment pas avec qui on voyage tous les jours …

Mai 20

Sea, sex & sun

Il n’y a presque plus de places assises, et le quai où nous arrivons est bondé. Les passagers se précipitent sur les dernières places disponibles ; je me pousse, pensant que cette jolie demoiselle va s’asseoir en face de moi. Et non. Elle va s’asseoir quelques sièges plus loin. Quand je tourne la tête, je me rend compte que la place est finalement occupée par … un clochard, la canette de bière à la main, qui commence à me raconter ses délires. Il rêve de partir en Nouvelle-Calédonie. Mais c’est loin. Très loin. Et très cher. Et il parait que la mer est belle, qu’il y a de l’alcool. Et des putes. (Rire gras). Le trajet va être long aujourd’hui…